Stella Matutina

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Mozart et les Bohémiens

mars 2005

La Compagnie du Pianoforte

Pierre BOUYER : Pianoforte

Nicole TAMESTIT : Violon

Sylvie ALTHAPARRO, mezzo soprano

 

 


 

Quelques généralités autour du Pianoforte et de la « Compagnie du Pianoforte »

Nom complet de ce qu’on nomme aujourd’hui, en France, le « piano », le mot Pianoforte (l’instrument qui peut jouer « piano et forte » en d’autres termes varier la puissance du son par le toucher des doigts, ce que le clavecin, son prédécesseur ne pouvait pas) sert à désigner tous les pianos anciens, depuis les premiers essais de Cristofori en 1726.

Il ne s’agit pas d’un instrument différent : il n’y a pas le piano forte, puis le piano, il s’agit d’un terme général utilisé pour désigner les premiers états du piano sans qu’on puisse bien préciser quand le mot s’est transformé.

Les pianofortes sont les instruments qui ont vu naître les grandes œuvres du répertoire pianistique. Mozart, Beethoven, Chopin, Schumann, Liszt, Debussy utilisaient des instruments qui n’étaient pas le piano actuel. Ces instruments avaient des caractéristiques différentes, par exemple plus riches en harmoniques. De nos jours, on réalise de magnifiques copies de ces instruments, permettant de retrouver les qualités d’un instrument neuf et les caractères exacts des instruments d’époque.

Depuis des années, Pierre Bouyer travaille sur ces instruments et sur la redécouverte de répertoires oubliés en marge des grands créateurs. Plusieurs enregistrements, unanimement salués par la critique, et un prix international ont couronné ce travail. Persuadé que l’environnement du chant et d’autres instruments, avec la même exigence d’authenticité, est une manière très convaincante de faire réentendre le pianoforte dans son environnement sonore habituel, il a créé la Compagnie du Pianoforte, ensemble à géométrie variable comportant instruments à cordes, à vent, chanteurs … dont Sylvie Althaparro est l’un des membres de l’équipe vocale, et dont Nicole Tamestit, musicienne régulièrement invitée par Philippe Herreweghe et l’Orchestre des Champs Elysées est le premier violon.

 

Pour ce programme : une enquête et des voyages

Pour présenter une musique qui se jouait aux quatre coins de l’Europe, il ne suffit pas, comme pour jouer Mozart et Beethoven, d’aller chez son marchand de musique favori pour se procurer la meilleure édition. Il faut …

… répertorier les compositeurs existant dans chaque pays, se faire une idée de leur intérêt …

… situer les lieux où sont gardés les manuscrits et / ou les éditions anciennes : bibliothèques, conservatoires et musées des principales capitales nationales ou provinciales européennes, universités américaines …

… aller lire les œuvres, se décider vite sur les choix à faire, sur l’intérêt de présenter au public des concerts et des médias ces œuvres que personne ne connaît …

… se conformer aux règlements divers pour obtenir des reproductions des œuvres choisies, parfois se battre contre la suspicion des conservateurs voyant arriver un étranger s’intéressant à un répertoire national qu’eux-mêmes ont laissé sombrer dans la poussière et l’oubli …

… et répondre au fur et à mesure du travail à toutes les questions de style, ou parfois tout simplement de lecture que posent des répertoires mal connus.

 

Quelques commentaires sur le programme …

Classiques ?

On a l’habitude de présenter Haydn et Mozart comme les « classiques » de la musique, dans le même sens que Molière, Racine et Corneille seraient les classiques du théâtre : une sorte de valeur-étalon de l’art musical, fixant les règles principales sans lesquelles il n’y aurait pas d’art, les principes de la forme « sonate » établis notamment par Haydn, devenant aussi impérative, ou presque, que la règle des trois unités dans l’art dramatique.

Pas classiques ?

Cependant le siècle des classiques du théâtre est le XVIIème  siècle, siècle de stabilité dans la philosophie autocratique du pouvoir, est favorable à l’épanouissement d’un art sûr de lui-même – alors que nos « classiques » compositeurs oeuvrent dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, sur un fond général de Révolution française, certainement sans aucune idée d’être des classiques, mais avec la conscience d’avoir détruit l’édifice de 150 ans de style « Baroque », et avec le souhait d’organiser ce langage plus fluide.

Romantiques ?

Si on se réfère aux dates de naissance, celle de Goethe, né 7 ans avant Mozart, celle de Schiller, né 11 ans avant Beethoven, nous le montrent bien : ces compositeurs « classiques » ne sont pas avant le Romantisme, ils sont le Romantisme, bien avant Chopin, Liszt et Schumann auxquels on accole en général ce terme. Curieusement, Mozart et Beethoven, qui sont les phares de leur époque, se dégagent assez vite d’un langage romantique en pleine naissance pour emprunter d’autres voix, plus personnelles ; par contre beaucoup de leurs contemporains défrichent cette nouvelle manière très

expressive de parler le langage musical. 30 ans avant Chopin, Liszt et Schumann, la syntaxe romantique est déjà imaginée par des compositeurs comme Dussek ou Hummel au pianoforte, Paganini pour le violon, Zelter et Reichardt dans le domaine du lied.

Nationaliste ?

Le « concert des Nations », durant l’ère Baroque, s’était essentiellement celui qui mêlait les voix des styles allemand, français, italien, et à moindre titre anglais que les autres nations copiaient suivant les sphères d’influence politique ou culturelle du moment.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle par contre, la force de tous les nationalismes naissants des autres pays européens permettra l’éclosion de styles musicaux aussi différents que ceux d’Albeňiz en Espagne, de Smetana et Dvorak en Bohême, de Liszt en Hongrie, de Chopin et Szymanowsky en Pologne, de Grieg en Norvège, de Sibélius en Finlande, de Moussorgsky en Russie, pour citer quelques noms. Il ne s’agit de générations spontanées : tous ces mouvements à la fois esthétiques et politiques débutent dans ces dernières années du XVIIIème siècle, dans la mouvance de la Révolution française.

 

 

LA COMPAGNIE DU PIANOFORTE

A.B.D.M. PRODUCTIONS AU BUREAU DE MUSIQUE

Villa Carlotta – 93 rue Marceau

93100 MONTREUIL-SOUS-BOIS

Programme

1ère PARTIE

 

Jan Ladislaw DUSSEK

né le 2 Février 1760 à Caslav - mort le 20 Mars 1812

 à Saint Germain en Laye

 Sonate en si bémol majeur

pour le fortepiano avec accompagnement

 d’un violon concertant

composée en 1811

Opus 69 n°1

 1er Mouvement: Allegro molto con fuoco

2ème Mouvement: “Les Soupirs” (Adagio cantabile)

3ème Mouvement: Rondo (Allegro non troppo)

 

 

 

LIEDER  ALLEMANDS

 

Wolfgang Amadeus MOZART

Das Lied der Trennung

 

Janos SPECH  (1767 – 1836)

Abendlied

Die todte Kranz

Romanze

 

Vaclav TOMACEK  (1774 – 1850)

Gretchen am Spinnrade / Marguerite au Rouet

 

Wolfgang Amadeus MOZART

“Deh per questo istante”

Aria de Sextus extrait de l'Opéra

 “La Clemenza di Tito”

 (version Pierre BOUYER avec violon & pianoforte)

 

 

2ème PARTIE

 

Wolfgang Amadeus MOZART

“Vado, ma dove”

Air de Concert

 (version Pierre BOUYER avec violon & pianoforte)

 

 

 

MELODIES, LASSAN, FRISS & VERBUNKOS HONGROIS

 

Janos FUSZ  (1777 – 1819)

Rondo alla zingara

 

Janos SPECH

« Sötet olajfak illatos hüseben »

« A Kesergö » 

 

Ferenc VERSEGHI (1757 – 1822)

« Hat csak elhagyhattad »

 

Jozsef KOSSOVITS (1750 – 1819)

« Földi ekkel jatszo Egi Tunemeny »

 

Janos BIHARI (1764 – 1827)

Antal György CSERMAK (1774 – 1822)

Anonymes

Verbunkos

 

György ADLER (1789 – 1867)

Variations sur un thême hongrois, opus 1

 

Wolfgang Amadeus MOZART

« Parto, parto, ma tu ben moi »

Aria de Sextus extrait de l'Opéra “La Clemenza di

 

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